Appendice_Travail 3

À propos du troc et de la division du travail

     On trouve à l’origine et au cœur de l’économie le mythe créé par Adam Smith selon quoi il existe « un penchant naturel à tous les hommes, […] le penchant qui les porte à trafiquer, à faire des trocs et des échanges d’une chose pour un autre » [1]. Et cela pour se procurer un avantage personnel, à tirer un profit maximal de l’échange. « Par exemple, écrit Smith, dans une tribu de chasseurs ou de bergers, un individu fait des arcs et des flèches avec plus de célérité et d’adresse qu’un autre. Il troquera fréquemment ces objets avec ses compagnons contre du bétail ou du gibier, et il ne tarde pas à s’apercevoir que, par ce moyen, il pourra se procurer plus de bétail et de gibier que s’il allait lui-même à la chasse. Par calcul d’intérêt donc, il fait sa principale occupation des arcs et des flèches, et le voilà devenu une espèce d’armurier » [2]. Considérant qu’ « on n’a jamais vu de chien faire de propos délibéré l’échange d’un os avec un autre chien » [3], il conçoit le troc, considéré selon les principes de concurrence et d’hostilité propres au capitalisme marchand, comme une réalité ontologique, une spécificité humaine.

     Ce faisant, Adam Smith d’une part suppose arbitrairement que la distribution des biens et les rapports sociaux au sein de tout groupe précapitaliste se font toujours au profit d’un individu et au détriment de ses congénères, D’autre part, il introduit au sein d’une communauté ce qui semble se produire essentiellement entre des groupes différents. David Graeber cite des recherches anthropologiques contemporaines établissant que le troc n’aurait jamais existé au sein d’une même société primitive, autrement dit entre les individus qui la composent. Il affirme qu’à ce jour « personne n’a pu localiser une région du monde où la forme de transaction économique habituelle entre voisins est du type “je te donnerai vingt poulets contre cette vache” » [4].

     Il y a certes des échanges entre membres d’une tribu, mais ils sont basés sur un principe d’équivalence. En l’absence de monnaie et dans la plupart des économies du don, précise Graeber, on établit un système d’équivalence selon « une série de catégories de types de choses, et on range ces catégories par ordre d’importance. Les cochons et les chaussures peuvent être perçus comme des objets de statut à peu près équivalent, on peut donner l’un en échange de l’autre ; mais les colliers de corail, cela n’a rien à voir : il faudrait donner en retour un autre collier, ou du moins un autre bijou – les anthropologues disent souvent que ces catégories créent des “sphères d’échange” différentes » [ 5].

     Philippe Descola note à propos des Achuar (Jivaros) qu’ils sont « sont rigoureux en matière de réciprocité et ils n’admettent pas que leurs transactions internes soient entachées de déséquilibres trop voyants. [6] » Ces Indiens peuvent désirer des biens que d’autres possèdent, mais ils « établissent clairement une distinction entre les choses qui ne peuvent être l’objet d’une transaction, parce qu’elles ont des prolongements de la personne – les jardins de manioc, la maison et son mobilier, la nourriture ou le travail –, et les choses dont la valeur est objectivable car elles sont indépendantes des gens qui les possèdent, et donc susceptibles d’être converties indifféremment en n’importe quel équivalent possédant les mêmes propriétés : […] armes, curare, sel, parures, chiens, pirogues, etc. [7] »

   Quant à Jacques Lizot, il précise que « Les [Amérindiens] sont des usagers, ce ne sont pas des possédants » [8]. « L'économie des Yanomami est peu développée, mais quels traits la caractérisent ? La propriété des objets personnels est bornée de deux manières : par la destruction des biens lors de la mort, par l'obligation de l'échange ; un débiteur peut, quand il le veut, contraindre son partenaire à se dessaisir de l'objet qu'il convoite. La propriété individuelle ou collective de la terre est inconnue. [9] »

     Evans-Pritchard dit du commerce interindividuel des Nuer que « [Les] échanges intérieurs se réduisent à peu de choses, car il n’y a pas de spécialisation poussée, et les matières premières sont répartie sans grande diversité. Mis à part l’échange d’objets modiques et de menus service […], je n’ai vu d’autre commerce que l’échange de quelques têtes de bétail, surtout des bœufs »[10]. ». Il n’y a du reste chez ce peuple pas d’état qui mérite le nom de profession : « Certaines femmes font mieux que d’autres les pots, les meules et le paniers ; les forgerons sont seuls à pouvoir façonner certains objets ; seuls quelques hommes savent s’y prendre pour fabriquer et poser les bracelets qui entourent étroitement les bras des jeunes gens, et qui leur servent à montrer leur endurance ; les gens qui désirent ces objets les demandent au nom de la parenté à moins qu’ils ne donnent un peu de millet aux fabricants pour ces services, ou qu’ils se réservent de leur faire un cadeau à la prochaine occasion. L’amateur et le fabricant appartiennent toujours à la même communauté locale, et traitent l’affaire en privé : il n’y a pas d’échange d’objets et de services par l’intermédiaire d’une tierce personne ; et toujours les deux sont liés par telle ou telle relation sociale générale ; leurs rapports économiques, si l’on peut les qualifier ainsi, doivent se conformer à ce modèle général de comportement. […] On peut être plus ou moins riche, mais […] il n’existe pas de privilège de classe. Un homme n’acquiert pas plus d’objets qu’il n’en peut en utiliser. [11] » 

     D’une manière générale, la rareté des possessions individuelles désirables et l’abondance des ressources disponibles rend très probable qu’un individu puisse recevoir naturellement d’un autre ou des autres l’objet qui lui fait défaut, à titre de cadeau ou à charge de revanche – mais dans un temps indéterminé. Marshall Sahlins observe que « [les aménagements économiques des chasseurs-collecteurs] s’inspirent de la profusion originelle, de la foi en la munificence de la nature et l’abondance de ses ressources, et non du désespoir né d’une conscience de l’insuffisance des moyens humains. [… Ce] qui peut paraître comme de bizarres coutumes païennes […] devient intelligible lorsqu’on y voit simplement l’expression de cette confiance en soi, cette assurance qui est l’attribut humain normal, raisonnable, d’une économie qui fonctionne normalement et efficacement. »[12] Et dans les cas de pénurie, il est jusqu’au manque qui s’exprime en déclarations jubilatoires : la satisfaction différée intensifie la perspective de la jouissance. C’est du moins ce que rapporte Paul Le Jeune des Indiens montagnais, dans ses Relations des Jésuites, en 1634 : « Je les voyais dans leurs peines, dans leurs travaux, souffrir avec allégresse. […] Je me suis trouvé avec eux en des dangers de grandement souffrir ; ils me disoient nous ferons quelquefois deux jours, quelquefois trois, sans manger, faute de vivre, prends courage, Chihiné, aye l’âme dure, résiste à la peine et au travail, garde toy de la tristesse, autrement tu seras malade ; regarde que nous ne laissons pas de rire, quoyque nous mangions peu. [13] » 

     En outre, dans des communautés aux dimensions modestes, l’autorégulation homéostatique va pour ainsi dire de soi et récupère sans trop de mal d’éventuelles « déviances » : quand chacun est solidaires des autres et adapté à leur nature, Salhins dit que si un individu quelconque « manifeste une tendance indue à se développer, il se heurtera, de la part des autres, à une résistance accrue, une incompatibilité ; et la tension […] trouvera sa résolution normale, systématique, […] dans le rétablissement du statu quo […]. C’est seulement dans le cas d’une conjonction historique qui multiplierait les contradictions externes […] que le dénouement de la crise passerait par des phénomènes de destruction et de transformation. Plus spécifiquement, la norme de subsistance domestique tend vers l’état d’inertie » [14].

     S’il y a production excessive au sein d’une société primitive, l’excédent sera éventuellement stocké afin d’être consommé par le groupe. Mais la règle politique impose au contraire une sous-production systémique. C’est ce que Sahlins met en avant : « Car quelle que soit la nature des relations sociales entre maisonnées, depuis l’anarchie de l’état de nature jusqu’à la bonne intelligence de l’état de parenté, les normes coutumières du bienvivre doivent être fixées à  un niveau susceptible d’être atteint par le plus grand nombre, laissant sous-exploités les pouvoirs de la minorité la plus active. »[15] En effet, le rendement varie considérablement d’une maisonnée à l’autre pour de multiples raisons (par exemple la composition de la famille, le nombre de personnes à charge), si bien que le succès productif de quelques-uns face l’échec du plus grand nombre instaurerait une disparité et serait facteur de troubles. Dans une société basée sur le partage, comment partager raisonnablement quand l’apport des uns est au fil du temps systématiquement inférieur à celui des autres ? La solution adoptée consiste à maintenir les objectifs économiques en deçà de la capacité globale de la société, dans des limites ne tenant aucunement compte de « la force de travail des maisonnées les plus capables ».[16] Comme dit l’adage russe, une troïka est un véhicule qui avance à la vitesse du cheval le plus lent.

     Quant aux cas de pénurie chronique, ils ne semblent pas plus inciter à développer des relations de type commercial. Pour les Nuer décrits par Evans-Pritchard, mieux vaut ce qu’on n’a pas que ce que possèdent les autres, et, au besoin, mieux vaut le vol que le troc : « [Le] commerce tient très peu de place dans leur vie sociale. […] Les Nuer n’ont rien à vendre que leur bétail, et ils ne sont guère enclins à s’en défaire. […] ils ne sont pas si souvent en bons termes avec leurs voisins qu’un commerce florissant puisse s’établir à leurs frontières, et quoiqu’il y ait eu çà et là des échanges avec les Dinka et les Anuak, il est probable que la plupart des objets venus de ces peuplades soient les produits du vol ; ils n’ont point d’argent, point de marché, et leur seul moyen de transport, c’est le porteur humain, etc. […] l’intérêt dominant des Nuer est dans leurs troupeaux ; et cet intérêt est assez étroit pour les rendre inattentifs aux produits des autres peuples. En vérité, ils ne semblent en avoir aucun besoin, et en font souvent bien peu de cas » [17].

     Graeber montre avec pertinence pourquoi il n’existe aucune société qui soit fondée sur le troc en tant qu’échange où il s’agit de couillonner le partenaire. Dans la perspective de relations étroites et suivies, une communauté centrée sur des liens de parenté ou de proximité implique que ses membres éprouvent un sentiment de responsabilité et de confiance mutuelle, qu’ils fondent leur pratique sociale sur une notion d’assistance et de secours mutuel. Ce que la pratique du troc contredit frontalement. Graeber prend l’exemple de l’adal-badal, le troc des Pachtounes du nord du Pakistan, tel que le décrit l’anthropologue Charles Lindholm : « Les hommes sont toujours attentifs à la possibilité de troquer l’un des objets qu’ils possèdent contre quelque chose de mieux. […] L’adal-badal se pratique toujours avec des non-parents et il donne aux hommes beaucoup de plaisir, car ils tentent se prendre l’avantage sur leur partenaire. […] Le meilleur partenaire d’adal-badal est une personne géographiquement éloignée, qui n’aura guère la possibilité de se plaindre. [18] »

     En revanche, le troc est bien attesté entre groupes étrangers l’un à l’autre, voire ennemis. Mais alors l’échange est en fait plus politique et diplomatique qu’économique : bien éloigné de la pulsion de concurrence chère à Adam Smith et à ses émules, il sert essentiellement à configurer les relations entre communautés, quoique les rituels soient souvent empreints d’une agressivité menaçant de déraper et de déboucher sur une guerre. 

   Chez les Jivaros, les biens échangés entre tribus éloignées sont des objets réputés et caractéristiques de chacune d’elles, par exemple des sarbacanes et des couronnes de plumes. Philippe Descola précise que dans ces deux cas, il s’agit d’ « une véritable production marchande, entièrement destinée au négoce intertribal »[19]. Mais « la répartition entre tribus des spécialisations artisanales et commerciales aboutit […] à faire du troc un instrument forcé d’interaction régionale : par lui se tissent des relations durables de dépendance réciproque entre des groupes d’hommes qui pourraient parfaitement vivre en autarcie [20] » .

     Les sociétés dites primitives connaissent à peu près toutes une forme socialement élaborée de division du travail, avec la spécialisation des tâches propre à différents groupes sociaux. Concernant les sociétés amazoniennes, Stéphen Rostain insiste sur le fait que « l’Amazonie précolombienne a hébergé ses fabricants fameux et ses peuples à l’artisanat reconnu. Les groupes amazoniens se spécialisaient fréquemment dans certaines activités, allant de l’extraction de matières premières, à la production de produits particuliers et la fabrication de biens convoités. [21] » 

     À l’instar de Descola, Rostain met l’accent sur le troc intercommunautaire et l’intégration économique auxquels cette spécialisation donnait lieu sur d’immenses zones : « Chacun était ainsi réputé pour un art particuliers qu’il pouvait partager par le troc. Un système de productions complémentaires s’échangeant mutuellement dans un réseau généralisé de contacts commerciaux s’était donc institutionnalisé à travers le monde équatorial. » [22]  Ces productions affectaient des formes extrêmement diversifiées : élevage de chiens de chasse, fabrication de râpes à manioc faites d’éclats de roche incrustés dans des planches, construction de pirogues, tissage de hamacs, façonnage de céramiques, exploitation de gisements rocheux, élaboration de parures de prestige, confection du curare à partir de lianes, etc. Et Rostain précise que « [la] spécialité dans un domaine pouvait conduire à fournir en excès dans le seul but d’échanger avec des peuples voisins. »

     La spécialisation et l’échange sont donc tout le contraire de ce qu’ils sont sous un régime capitaliste : des éléments de démembrement social perpétuant un état de concurrence et de guerre de tous contre tous. Au contraire, ils tissent entre des groupes parfois éloignés des liens de partenariat hautement sophistiqués, assurant la collaboration des tribus. Ils fondent une obligation d’interdépendances entre groupes tribaux et instaurent un espace de paix. Comme le dit Jacques Lizot, « la question essentielle est bien de déterminer qui, du social ou de l'économique, gouverne l'ensemble des rapports dans une société donnée, et d'en élucider les conséquences [23] ».

     À ce propos, il est bien évident que le capitalisme n'a pas créé la violence sociale. Il est frappant, à lire Les Fanatiques de l’Apocalypse de Norman Cohn, de constater, s’exprimant incessamment dans les courants millénaristes et lors des Croisades successives, la virulence de la guerre opposant riches et pauvres tout au long du Moyen Âge. Cohn cite par exemple deux extraits de textes remontant au milieu du XIVe siècle. D’un côté, un chroniqueur de Magdebourg adresse aux riches bourgeois de sa ville cet avertissement : « C’est pêché que de lâcher la bride au commun, comme on l’a fait récemment. Il faut les écraser comme un talon de fer. Car une haine séculaire anime les pauvres contre les riches. Ils haïssent tous les possédants et sont plus prompts à nuire aux riches que les riches aux pauvres. » (Observons que cette rhétorique est celle des patriciens révolutionnaires américains et français au XVIIIe siècle.) De l’autre côté, le poète autrichien Peter Suchenwirt (1320-1395) s’écrie : « Les coffres des riches sont plein : vides sont ceux des pauvres. Le pauvre a le ventre creux… Forcez à coups de hache la porte du riche ! Entrons dîner avec lui ! Mieux vaut périr ensemble que de mourir de faim ! Plutôt risquer bravement notre vie que de crever ainsi ! » [24] 

     Il semble que ces phénomènes de violence interne comme externe n'aient jamais épargné les groupes humains, les plus « civilisés » comme ceux qui nous paraissent les plus primitifs. Il est même probable que bien des traits humains, quelles que soient les appréciations morales qu’on porte sur eux, doivent être considérés comme ontologiques, ce que plusieurs auteurs refusent de l'admettre, parce qu'ils ont le sentiment que cela reviendrait à accepter l'inexorable ; on les retrouve du reste dans bien d’autres espèces animales : Aristote, dans son Histoire des animaux, consacrait déjà un chapitre aux « Causes de guerre entre les animaux ». 

     Pour autant, il convient de distinguer le caractère transhistorique de certains facteurs psychosociologiques proprement humains et les formes clairement historiques qu'ils revêtent çà et là. La guerre peut aussi bien viser à l'extermination de l'adversaire que, comme on vient de le voir, contribuer à la régulation de la vie de relation des sociétés. La violence et la guerre capitalistes sont tout autant spécifiques que l'économie dont elles dérivent.

   Par ailleurs, il est à noter que la division du travail n’induit pas automatiquement une production quantitative effrénée, comme celle qu’impose le capitalisme : elle peut avoir une orientation qualitative, jusque dans la fabrication des objets d’usage commun. Si les Grecs ont eux aussi connu la division des tâches au sein d’un même métier, et jusque dans un même atelier, ils ne l’ont pas sentie comme un moyen de donner au travail en général son maximum d’efficacité productrice. Xénophon observe que dans les grandes cités où chacun trouve beaucoup d’acheteurs, on n’a parfois pas besoin d’un « métier entier : l’un fabrique la chaussure pour hommes, l’autre de la chaussure pour dames. Un tel coupe, l’autre coud simplement le soulier » [25].

      Mais Vernant souligne qu’il ne s’agit pas d’accroître quantitativement les forces productives, mais de les perfectionner qualitativement. Dans l’Antiquité, « [l]’idée n’apparaît pas d’un processus productif d’ensemble dont la division permet d’obtenir du travail humain en général une plus grande masse de produits. Chaque métier constitue au contraire un système clos, à l’intérieur duquel tout est solidairement soumis à ma perfection du produit à fabriquer : les instruments, les opérations techniques et, jusque dans la nature intime de l’artisan, certaines qualités spécifiques qui n’appartiennent qu’à lui. [26] » Si le même Xénophon distingue diverses opérations dans la confection d’un produit, il ne dégage pas la signification sociale et technique de la division du travail : il « ne parvient pas à [la] comprendre comme un procédé de de distribution des tâches à l’intérieur d’un processus de production. Il ne la considère que sous l’angle d’une amélioration du produit par le perfectionnement des capacités de l’artisan » [27]. Marx avait déjà noté que la division du travail dans l’Antiquité est vue exclusivement en fonction de la valeur d’usage du produit fabriqué : ce qui justifie la division du travail, c’est l’idée que l’artisan fait une chose d’autant mieux qu’il ne fait rien d’autre.

     Le capitalisme, où la sphère de l’économie s’est radicalement émancipée de la société, divise quant à lui tout ce qu’il peut. Marx dénonce la dégradante division du travail qu’il opère en travail manuel et travail intellectuel. Ce qui fait de l’homme un être amputé, soit de la tête, soit des mains. Alors que lorsqu’elles différenciaient les activités sociales les sociétés précapitalistes maintenaient grosso modo l’intégrité de l’activité individuelle, la division capitaliste du travail  divise ce qui est déjà divisé : elle fragmente l’activité propre à chaque spécialisation et réduit le travailleur à l’état d’émiettement. Son stade caricatural est le travail à la chaîne.





[1] Cité par David Graeber, Dette, 5000 ans d’histoire, Les Liens qui libèrent, 2013, p.35.
[2] Smith, Richesse des nations, cité par Graeber, Dette, 5000 ans d’histoire, Les Liens qui libèrent, 2013, p.35.
[3] Smith, Richesse des nations, cité par Graeber, Dette, 5000 ans d’histoire, Les Liens qui libèrent, 2013, p.35.
[4] Dette, 5000 ans d’histoire, Les Liens qui libèrent, 2013, p.39.
[5] Dette, 5000 ans d’histoire, Les Liens qui libèrent, 2013, p.48.
[6] Les Lances du crépuscule. Les Jivaros en Haute-Amazonie, « Terre humaine », Plon, 1993, p.90.
[7] Les Lances du crépuscule. Les Jivaros en Haute-Amazonie, « Terre humaine », Plon, 1993, p.91.
[8] « Économie ou société? Quelques thèmes à propos de l'étude d'une communauté d'Amérindiens », Journal de la Société des Américanistes. Tome 60, 1971, p.151 (https://www.persee.fr/doc/jsa_0037-9174_1971_num_60_1_2072)
[9] « Économie ou société? Quelques thèmes à propos de l'étude d'une communauté d'Amérindiens », Journal de la Société des Américanistes. Tome 60, 1971, p.174 (https://www.persee.fr/doc/jsa_0037-9174_1971_num_60_1_2072)
[10] Les Nuer. Description des modes de vie et des institutions politiques d’un peuple nilote,  Bibliothèque des sciences humaines », Gallimard, 1968 (1937), p.111.
[11] Les Nuer. Description des modes de vie et des institutions politiques d’un peuple nilote,  Bibliothèque des sciences humaines », Gallimard, 1968 (1937), p.113.
[12] Âge de pierre, âge d’abondance. L’économie des sociétés primitives, « Folio histoire », Gallimard, p.83-84.
[13] Cité par Marshall Sahlins dans Âge de pierre, âge d’abondance. L’économie des sociétés primitives, « Folio histoire », Gallimard, p.89.
[14] Âge de pierre, âge d’abondance. L’économie des sociétés primitives, « Folio histoire », Gallimard, p.161-162.
[15] Âge de pierre, âge d’abondance. L’économie des sociétés primitives, « Folio histoire », Gallimard, p.162.
[16] Âge de pierre, âge d’abondance. L’économie des sociétés primitives, « Folio histoire », Gallimard, p.163.
[17] Les Nuer. Description des modes de vie et des institutions politiques d’un peuple nilote,  Bibliothèque des sciences humaines », Gallimard, 1968 (1937), p.110-111.
[18] Generosity and Jealousy: The Swat Pukhtun of Northern Pakistan, 1982, New York, Columbia University Press. Cité dans Dette, 5000 ans d’histoire, Les Liens qui libèrent, 2013, p.45.
[19] Les Lances du crépuscule. Les Jivaros en Haute-Amazonie, « Terre humaine », Plon, 1993, p.181.
[20] Les Lances du crépuscule. Les Jivaros en Haute-Amazonie, « Terre humaine », Plon, 1993, p.183
[21] Amazonie. Les 12 travaux des  civilisations précolombiennes,  Belin, 2017, p.195.
[22] Amazonie. Les 12 travaux des  civilisations précolombiennes,  Belin, 2017, p.195-196.
[23] « Économie ou société? Quelques thèmes à propos de l'étude d'une communauté d'Amérindiens », Journal de la Société des Américanistes. Tome 60, 1971, p.138 (https://www.persee.fr/doc/jsa_0037-9174_1971_num_60_1_2072)

[24] Payot, 1983, p.122.
[25] Cité par Vernant, Œuvres I, Mythes et pensée chez les Grecs, Le Grand Livre du mois, 2007, p.499.
[26] Œuvres I, Mythes et pensée chez les Grecs, Le Grand Livre du mois, 2007, p.506-507.
[27] Œuvres I, Mythes et pensée chez les Grecs, Le Grand Livre du mois, 2007, p.498-499.